Revue Le Vis-à-vie de l'Association québécoise de prévention du suicide
La revue Le Vis-à-vie a produit un numéro spécial « Suicide et Premières nations ». L'objectif est de faire connaître les projets qui font sortir les Autochtones de l'obscurité folklorique.
Parler du suicide n'est jamais chose facile. Lorsqu'un groupe minoritaire est dépeint par les médias, la perception des lecteurs peut être étroite et les idées préconçues, généralement renforcées. C'est vrai que certaines communautés connaissent des problématiques sociales, mais qu'on se garde bien de généraliser !
Adapté de : cam.org
Prévenir le suicide - Agence de santé publique Canada
L'Agence de santé publique Canada a produit plusieurs articles sur le suicide, tout particulièrement chez les Autochtones. Certaines personnes sont particulièrement vulnérables au phénomène.
Parmi les jeunes autochtones de 15 à 24 ans, le suicide est à la source du quart des décès et se place au second rang des causes de mortalité après les accidents de la route. Les adolescents autochtones, gais et lesbiennes sont encore plus susceptibles, selon la collectivité dans laquelle ils habitent et l'image qu'ils ont d'eux-mêmes.
Adapté de : reseau-canadien-sante.ca (pdf)
Kwekànamad - Le vent tourne - Film documentaire
Sensibilisée au mal de vivre grandissant des jeunes autochtones par le suicide de son propre fils aîné, Annie Smith-St-Georges a décidé de mener une campagne pour l'affirmation d'une fierté amérindienne. Le film est disponible pour achat en ligne.
Adapté de : cmm.onf.ca
Traumatisme historique et guérison autochtone
Rédigée pour le compte de «La Fondation autochtone de guérison», l'étude propose un modèle visant à décrire la transmission intergénérationnelle d'un traumatisme historique et examine les implications de la guérison dans le contexte autochtone contemporain.
Les peuples amérindiens ont subi un traumatisme et des effets post-traumatiques persistants depuis que les Européens sont arrivés dans le Nouveau Monde et qu'ils ont déclenché une série de contagions dans la population indigène. Ces contagions ont dévasté le continent dans sa totalité, infligeant un deuil profond et non résolu.
Adapté de : ahf.ca (pdf)

Mélanie Petiquay
Intervenante aux Services sociaux de Manawan
Mélanie Petiquay est une jeune atikamekw dans la trentaine, originaire de la communauté de Manawan. Elle travaille depuis 10 ans comme intervenante en prévention du suicide à Manawan dans le cadre du programme Mikon. Elle est également la co-présidente de l'Association de prévention-suicide pour les Premières nations et Inuits du Québec. Cette association travaille spécifiquement dans le milieu autochtone et entretient plusieurs liens pan canadiens.
Mélanie a passé plusieurs années loin de sa communauté pendant ses études secondaires. Ensuite, elle a commencé sa formation en suivant plusieurs stages avec Suicide Action à Montréal. A l'âge de 24 ans, elle a réintégré Manawan, sa communauté d'origine, où elle travaille comme intervenante en prévention du suicide auprès des jeunes.
Son bureau étant situé au Centre de Santé de Manawan, Mélanie intervient directement auprès des jeunes. Elle constate que la cause du suicide est souvent d'ordre familial: les parents ont de la difficulté à suivre leurs enfants, surtout rendus à l'adolescence, moment où d'énormes barrières se dressent sur le plan culturel et compréhensif. Parfois le comportement des parents n'est pas un modèle idéal.
Le programme Mikon intègre plusieurs formes d'activités stimulantes qui inculquent l'estime de soi dans le cadre d'un apprentissage de nouvelles techniques liant le corps et l'esprit. Une semaine par mois, Mélanie travaille la nuit sur la ligne Stand-by, établie en cas d'urgence. Il y a des semaines tranquilles où il n'y a aucune appel, mais elle constate périodiquement une vague de dépressions qui amène les gens à songer au suicide, surtout à l'approche de l'hiver, avec la chute des feuilles et les décès de personnes âgées atteintes de maladies, quand les jeunes ont tendance à succomber à la déprime.

Alice Echaquan
Directrice des Services Sociaux de Manawan
Alice Echaquan a terminé ses études collégiales et possède un diplôme en éducation spécialisée. Alice est célibataire et n'a pas d'enfants. Elle a vécu loin de sa communauté pendant 15 ans, à Joliette.
À son retour, elle a trouvé que la mentalité des gens avait beaucoup évolué sur le plan social. Ils sont devenus plus conscients de certains comportements et plus prêts à en parler ouvertement et à agir pour le changement. Elle a constaté un véritable désir de la part de la population de guérir des blessures longtemps enfouies.
En plus d'être le chef d'équipe des Services Sociaux de Manawan, elle intervient directement auprès de jeunes victimes d'abus sexuels en thérapie, dans le suivi du processus juridique, les accompagnant à la cour en cas de plaintes, etc. Alice croit qu'une bonne intervenante doit d'abord développer une attitude de compassion pour traiter des individus souffrant de blessures psychologiques profondes. Dans une petite communauté comme Manawan, la situation est d'autant plus difficile puisqu'on est quotidiennement confronté à la présence de l'agresseur dans un milieu où tout le monde se connaît et où la plupart des gens ont des liens de parenté.